12 déc. 2011

La Couille d'Abélard - épisode deux.


Le lendemain dimanche, je partis profiter du jour du Seigneur pour trouver l’inspiration autour du quartier latin. Mes déambulations, d’abord germanopratines, finirent par me conduire le plus irrésistiblement du monde jusque devant la lourde porte de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Arrivé peu avant le coup d’envoi de l’office de midi et quart, la maigreur des corps qui se pressaient devant l’entrée contrastait avec la lourdeur du bâtiment, accroché tel une verrue à ce quartier qui souffre depuis longtemps de vérole ecclésiastique chronique. L’effet des carêmes et des privations en tout genre sans doute, là où le combat contre la jouissance et la modernité se pose en clef de voûte de l’édifice moral construit pierre après pierre par la Fraternité Saint-Pie X et l’Action française. Les Paraboot, dépassant des côtes de velours des nombreux pantalons beiges à ourlet, battaient le pavé au rythme des mondanités dominicales de leurs propriétaires qui s’activaient à entretenir le pont intergénérationnel des traditions. La scène, qui me rendait difficile la tâche de distinguer l’horreur du pire, me replongea tout droit quelques années en arrière, dans les facéties nocturnes du moine lubrique, lorsque sous les frusques horrifiques d’un régulier défroqué, je prenais goût à perturber les adorations de saints dans l’église du Saint-Bouffre.
Sans doute parce que mon œil était encore un peu trop imprégné des lectures du Moine de Lewis lorsqu’il croisa le regard d’une jeune dévote à serre-tête, y lut-il l’effroi de la pudeur virginale menacée dans ses préjugés. Difficile de donner un âge à celle qui, bien qu’ayant déjà sans doute atteint la vingtaine, a très tôt accepté de circonscrire son éducation aux Évangiles, et à la main caressante du père Mouton, tendre gardien de ses nuits adolescentes passées au pied du balcon de Saint-Pierre, à attendre l’apparition papale venue bénir les JMJ. A cette seule évocation, et devant les regards à chaque minute plus hostiles des paroissiens, je fus saisi d’une crise de paranoïa aiguë : alors que j’étais venu chercher un point de départ pour ma quête du testicule disparu, ç’allait être mon tour de me faire émasculer par la foule des fidèles en furie, bien décidés à protéger des intrus la chasse gardée de leurs curés pédophiles, qui dissimulent sous la longueur des soutanes l’instrument affamé de leurs forfaits passés et futurs.
Mais tremblez, frères ennemis, quand votre heure sonnera, car je suis le pataphysicien, le grand païen coprophage. J’avale toute la merde du monde, je m’en remplis, et je fais de ce ferment puant une force monstrueuse, brute et sauvage. Alors seulement, j’éblouirai vos ténèbres de l’éclat de mes heures sombres. J’irai cracher ma colère dans le bénitier de vos bouches. Puis, déchiré par cet enfantement terrible, je gagnerai le repos d’un corps enfin soulagé du pesant de son âme.

Sentant tout proche le dérapage, et jugeant néanmoins déraisonnable une reconstitution contemporaine de la croisade contre les Albigeois en plein Paris, j’estimai soudain plus sage de rebrousser chemin, et de démêler plus loin le fil enroulé qui me conduirait du fond de la nuit jusqu’à la fameuse couille perdue.

14 nov. 2011

Alzheimer, mon enfance.


Tu sais, parfois j’ai l’impression de devenir fou. L’air est si épais qu’il ne rentre plus dans mes narines. Comment respirer ? Il me semble avoir oublié. Tomber toujours plus profond. Tout est plus noir plus froid plus vide. Tout seul j’ai peur.
Je me souviens de l’odeur de ta bouche penchée sur moi le soir au-dessus du lit. Et de tes mains aussi. Tes mains sur mon dos, tes mains dans mes cheveux. La caresse avec les ongles, qui frissonne, qui apaise. Ça va mieux tu sais. Ça va même presque bien tout à coup. C’est le cœur du monde qui m’accueille. Je suis un organisme, je ne suis plus homme. Seulement des sensations ; pas de pensée, plus de peurs ni de joies. Ça devrait durer toujours. Attends, change un peu d’endroit, ici ça m’agace, non là aussi, j’ai la peau qui tire, elle m’irrite. Tu ne le voyais pas, mais je serrais les dents ; je bouge un peu, il faut que tu devines parce que je ne voulais pas te le dire, je ne voulais pas te blesser, et je voulais que tu continues. Maintenant je veux que tu arrêtes. Est-ce ta voix que j’entends ? L’odeur de ta bouche a changé. Et tes mains aussi. Tes doigts sont plus courts, ils ont l’air bizarre ça m’inquiète. Ils sont minuscules, et quand ils touchent mon corps, il devient énorme, enflé comme un ballon, ça me dégoûte. J’ai la nausée, je sens que je vais être malade. Vite ! Je dois me lever, je dois sortir, j’ai chaud, j’ai la peau qui brûle et j’ai la gorge qui pique. Il faut que tu m’aides, reviens. Où es-tu ? Je te vois, mais ça n’est pas vraiment toi. J’ai la tête qui tourne de fatigue puis je m’endors.

4 nov. 2011

Les phénix schizophrènes.

À Jean-Michel.

Refermer un livre, c'est mourir et renaître à la fois. Ces quelques grammes de papier clos sont le poids du jugement, la condamnation à la peine capitale. Toutes les vies que l'on aurait pu avoir, même les plus chiennes. Chaque être dans lequel on s'est un court instant incarné, et que l'on ne sera jamais plus. Jamais. Dans l'ombre étroite de la couverture, sur les pages sombres de mon histoire, on signe là ma sentence de mort. Bientôt pourtant, bien à l'abri derrière le secret mystère des cabinets de lecture, l'arrêt est commué en perpétuité. Je suis ici condamné pour la vie à devenir le geôlier de ces noms, de ces phrases dont le fil de la narration ferme la lourde porte de ma prison intérieure. Alors seulement vient la renaissance. Avec la trappe qui retombe sur le trou béant de la fiction, c'est mon devenir qui prend sens, enrichi de l'imprégnation de toutes ces vies étrangères, de chacune de mes expériences d'altérité schizophrène.

Nous sommes les phénix de la littérature. Nous digérons les mots avec nos tripes, dans le bain acide de nos expériences, qui brûle ces romances, et qui les enflamme avant de rendre leurs cendres à la vie.

28 oct. 2011

Ave Verum Corpus.



Un texte, écrit aujourd'hui pour un projet mené par le Master Edition de Paris IV-Sorbonne, autour du fait divers, et que je partage avec vous:


10h02 — Je brûle. J’irai bientôt me fondre dans les enfers. Mais pour l’heure, c’est mon corps qui flambe. Chaque chose en son temps. La douleur m’inonde, elle noie ma peine en asséchant mes larmes. Mais pas la colère : elle tient bon celle-là, elle s’accroche et me colle à la peau. C’est que cette colère, je ne l’avais pas seulement en moi ; elle faisait partie de moi. Et on ne sépare pas un être de son essence, même dans la mort. Tiens, d’ailleurs, sous ce préau, ça pue l’essence. Pourtant, même cette puanteur hydrocarburée ne suffit pas à masquer l’infection de mes chairs qui brûlent. — Je tente un pas. C’est difficile quand on est comme enveloppée de papier sulfurisé, qui casse au moindre pli. Un pas quand même. Le premier sera pour toi, tendre garçon de huit ans mon neveu. Et cancéreux. Comment continuer à vivre le quotidien, comment prétendre boire manger dormir se laver sortir faire l’amour. Et travailler surtout. Après cela ? Ave Verum Corpus, vere passum, immolatum in cruce pro homine. Mais personne n’était là pour te sauver, toi, sur ton lit d’hôpital. Tellement maigre, tellement chauve, tellement minuscule dans l’immensité des machines qui t’entouraient et qui te dominaient. Qui n’ont servi à rien. — Deuxième pas pour toi mon papa. Tu pourras leur dire à tous, après, quand mon nom se conjuguera au passé, que je l’ai fait pour défendre notre école de la République, celle où l’enfant du peuple pouvait devenir fils de roi. Ça t’aidera peut-être à tenir ; sans doute pas. Mais qu’importe, puisqu’il faut donner du sens. Notre société exige du sens, alors donnons-lui, payons notre tribut et nous aurons enfin la paix. — Le troisième pas pour vous, mes élèves. Vous, dont je perçois à peine les cris à présent, masqués par le crépitement affamé des flammes. Je vous espère effrayés, affolés, et impuissants surtout. Ressentez à votre tour cette gesticulation face au vide, au-delà de toute utilité, au-delà même de l’ennui. Car enseigner aujourd’hui, c’est hurler dans l’infini désert, là où tout le monde entend mais où personne n’écoute. Vous serez déniaisés par la culpabilité qui pèsera sur vos âmes comme ma chair morte sur mes os. Si à cet instant je vous hais, c’est sans doute que je vous ai trop aimés. J’ai cru en nous. J’aurais préféré être indifférente, tout comme vous. — Mon dernier pas sera le mien. Car je veux finir de vivre ma mort pour moi, et moi seule. Plus de jugement, plus de retenue. Libérée de mon reflet dans le miroir social. J’ai trouvé dans le feu un écran qui me protège de moi-même. Ultime ironie d’un esprit en plein suicide. Mais tout est déjà bientôt fini, enfin.


10h03 — Je ne brûle plus. Mais je fume encore. La messe est dite, demain je serai morte. Corps perdu dans ce lit d’hôpital à Béziers, entouré de machines, brûlé au troisième degré sur quatre-vingt-quinze pour cent de sa surface. Le troisième degré de l’ironie, du cynisme, du mépris, auquel je n’aurai finalement pas survécu. Après mes obsèques, après la marche blanche organisée par mes collègues, un nouveau fait divers fera la une pour mieux masquer l’universelle indifférence. Alors seulement, il ne restera plus qu’à raconter comment mon suicide a fait long feu.

20 oct. 2011

L'exorcisme panthéiste.


Bruno Dumont est un cinéaste en quête. Ses films sont l'expression d'un besoin: combler le vide abyssal de nos existences contemporaines. Déjà dans Hadewijch, la jeune Céline remplissait son immense appartement parisien de fille de diplomate, d'un mysticisme confinant au malsain. Sa foi extatique débordait tellement de l'enfermement conventuel, qu'elle finissait par trouver son unique déversoir dans l'action terroriste. Avec Hors Satan, Dumont franchit encore une limite: il abat les cloisons et laisse exploser la spiritualité de ses personnages en pleine nature, par dessus les dunes du Nord, dans une mystique panthéiste de la marginalité.
David Dewaele occupe l'écran de sa présence de chaman, prêt à toutes les transgressions pour aspirer le mal qui nous envahit. "L'enfer, c'est les autres." Être Hors Satan, c'est se condamner à une radicalité d'ermite. C'est sortir du monde pour mieux rentrer en soi. Alors seulement notre pouvoir d'exorciste panthéiste paraît sans limite.




Certes, oui, on s'y ennuie. Mais notre passivité dans le silence laisse peu à peu place à une renaissance, qui se matérialise dans la scène finale de la résurrection, nous replongeant tout droit dans le Simetierre de Stephen King. Il n'y a pas si longtemps, Bruno Dumont aurait brûlé sur le bûcher. Aujourd'hui c'est son cinéma qui nous enflamme, et c'est bon.



16 oct. 2011

Quand la beauté vient du diable.

Vittorio Corcos, Sogni, 1896.


En matière de peinture, je n'aime rien tant que les portraits, surtout lorsqu'ils sont féminins.  Les yeux du sujet plongent dans ceux du spectateur, les rôles s'inversent. Alors seulement la toile prend vie, jusqu'à provoquer l'inconfort.
Cette jeune femme capturée par l'art de Vittorio Corcos en 1896, me fait prisonnier à mon tour de son regard vénéneux. Ses paupières tombantes, dont le fard peine à dissimuler les cernes. Sa moue de dédain léger. Sa robe un peu négligée, comme oxydée. Tout fait d'elle l'incarnation de cette beauté du diable, qui repose son menton pour nous fixer plus longuement, plus langoureusement, jusqu'au malaise:


Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
O Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu!
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu?

De Satan ou de Dieu, qu'importe? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds?

Charles Baudelaire, "Hymne à la beauté", Les Fleurs du mal, 1861.


C'est sans doute la réflexion qui a occupé l'esprit de Ryno de Marigny la première fois que les yeux de la Vellini ont embrasé les siens. Ce n'est pas pour rien que Catherine Breillat, en adaptant pour le cinéma Une Vieille maîtresse de Barbey d'Aurevilly, a choisi Asia Argento. Car qui, mieux qu'elle, incarne aujourd'hui cette beauté du diable à l'écran?


Le songe de Corcos a traversé le Styx et je cède à ses sirènes. Jusque là, je ne savais pas que l'on ne pouvait pas seulement aimer un tableau, mais en tomber amoureux. C'est fait, et le diable peut bien m'emporter, mon univers est moins laid.

8 oct. 2011

La brillance devant l'immensité du crépuscule.






J'en rêvais depuis longtemps: avec Drive, Nicolas Winding Refn vient de ressusciter Miami Vice. Ombre et lumière s'y poursuivent, pour mieux s'accoupler dans l'englobance quasi mystique des nappes de synthétiseurs.


La réussite de l'esthétique pourtant datée du film de Refn (une génération le sépare de la série télévisée produite par Michael Mann entre 1984 et 1989) repose sur son caractère très métaphorique, qui en fait le miroir peu flatteur de notre époque: capable de fulgurances lumineuses, celle-ci n'a jamais eu autant conscience de son propre crépuscule. Si Ryan Gosling, tout comme Don Johnson en son temps, y font corps avec les bolides qu'ils conduisent, c'est que la voiture n'y est pas qu'un simple accessoire de frime, mais un prolongement des personnages qu'ils incarnent. Elle devient ici symbole d'une fuite en avant, dont le reflet aperçu dans le rétroviseur rappelle sans cesse aux deux héros que le meilleur est derrière eux.


Et notre société est bien ainsi: la brillance reflétée par quelques chromes un peu trop polis ne saurait nous faire oublier l'immensité crépusculaire qui nous attend.

6 oct. 2011

L'artiste, le vertige et la chute.



Haven't laughed this hard in a long time / I'd better stop now before I start crying / Go off to sleep in the sunshine / I don't want to see the day when it's dying.


Elliott Smith n'aura pas couru le risque d'assister à l'agonie de sa dernière journée: il est tombé dans le sommeil à 13h36, suicidé de deux coups de couteau dans le coeur. De ses plongées dans la dépression aux rechutes dans l'héroïne et le crack, Smith s'était lancé dans une chute qui devait prendre fin le 21 octobre 2003. Se jeter du haut de cette falaise en Caroline du Nord, quelques années auparavant, tentative dont il réchappera in extremis, n'était finalement qu'une métaphore de sa propre vie et de sa condition d'artiste et créateur.




Dans Suicide, manuscrit qu'il dépose chez son éditeur dix jours seulement avant d'en finir avec sa vie d'artiste, Edouard Levé semble suspendre chaque mot lorsqu'il écrit:


L'équilibre me tient
La chute me révèle
Le rétablissement me coûte

(...)

Le temps me manque
L'espace me suffit
Le vide m'attire


Dans un monde et dans une société où tout nous retient, où un rien nous attache, l'artiste n'a d'autre choix que de lâcher totalement prise avec lui-même, de se laisser aspirer dans une chute vertigineuse vers l'insondable profondeur de son propre inconnu.




Yukio Mishima se donne la mort par seppuku le 25 novembre 1970, suite à sa lamentable tentative de coup d'Etat pour restaurer les traditions impériales d'un Japon fantasmé. Il n'est alors pas seulement un homme à l'honneur brisé. Il est surtout l'artiste qui a toujours tant aimé les mises en scène, et sa propre fin ne pouvait y échapper. Marguerite Yourcenar, qui vient de publier son essai Mishima ou la Vision du vide, s'exprime ainsi sur le plateau d'Apostrophes le 16 janvier 1981: "La mort de Mishima est l'une de ses oeuvres, et même la plus préparée de ses oeuvres."
Mishima, en se lançant dans ce projet politique insensé, a fait son choix. Il a plongé du haut de la falaise, à la rencontre de lui-même. Puis il s'est éventré, exposant ses tripes à son propre regard. Et peut-être y a-t-il lu:


Le bonheur me précède
La tristesse me suit
La mort m'attend.

3 oct. 2011

La couille d'Abélard.


Aujourd'hui j'ai décidé de partager avec vous l'incipit d'une nouvelle que j'avais commencée il y a plus de trois ans maintenant, et qui devait avoir pour titre: La Couille d'Abélard. Aventure testiculaire aussi bien que sentimentale, la recherche d'une couille disparue de l'amoureux châtré devait permettre à son héros de se remettre de l'amour perdu. Et voici comment une quête d'absolu en vient à reposer son fondement sur le scrotum:



Le soir du 7 avril marqua le début des hostilités. Au dîner, mon père me servit un jambonneau gras et rond. Sa peau, brunie par le four, était légèrement craquelée, prenant des airs de scrotum déjà violenté par la gravité : devant moi, à portée de fourchette, luisante et fumante, s’étalait une couille du grand Abélard. La bluette épistolaire de Rousseau, lue quelques jours plus tôt, facilita l’accouchement d’une telle révélation. Il faut dire aussi que je venais de perdre mon Héloïse, sans toutefois avoir moi-même à souffrir d’une quelconque mutilation.

Dès lors, je me sentis investi de la douloureuse tâche de retrouver la seconde virilité du professeur, plongeant ainsi dans l’enfer du devoir. Il va sans dire que la poursuite d’une telle quête demande des sacrifices et une belle dose d’abnégation, toutes choses que je me proposai, stoïque, d’affronter. Une incertitude demeurait cependant : si j’avais mangé de bon appétit le premier testicule, que ferai-je du second, une fois découvert ? Il eût été de mauvais goût de le dévorer à son tour, d’autant que je n’avais nulle intention de rejouer la Cène avec les parties de l’amoureux puni. Une solution existait pourtant : suspendre, à l’aide d’un élastique, la couille retrouvée à la statue des deux amants ornant le palais de justice de la capitale.

Fatigué par ces émotions, je décidai d’aller me coucher sans attendre, remettant à plus tard la lourde tâche de trancher le sort du testicule manquant.