4 nov. 2011

Les phénix schizophrènes.

À Jean-Michel.

Refermer un livre, c'est mourir et renaître à la fois. Ces quelques grammes de papier clos sont le poids du jugement, la condamnation à la peine capitale. Toutes les vies que l'on aurait pu avoir, même les plus chiennes. Chaque être dans lequel on s'est un court instant incarné, et que l'on ne sera jamais plus. Jamais. Dans l'ombre étroite de la couverture, sur les pages sombres de mon histoire, on signe là ma sentence de mort. Bientôt pourtant, bien à l'abri derrière le secret mystère des cabinets de lecture, l'arrêt est commué en perpétuité. Je suis ici condamné pour la vie à devenir le geôlier de ces noms, de ces phrases dont le fil de la narration ferme la lourde porte de ma prison intérieure. Alors seulement vient la renaissance. Avec la trappe qui retombe sur le trou béant de la fiction, c'est mon devenir qui prend sens, enrichi de l'imprégnation de toutes ces vies étrangères, de chacune de mes expériences d'altérité schizophrène.

Nous sommes les phénix de la littérature. Nous digérons les mots avec nos tripes, dans le bain acide de nos expériences, qui brûle ces romances, et qui les enflamme avant de rendre leurs cendres à la vie.

2 commentaires:

Jean-Michel a dit…

merci pour la dédicace;

je vais lire et relire et m'imprégner de ce texte qui est un magnifique hommage à l'essence du lecteur qui,normalement,devrait être une des composantes primordiales de l'"humanité"

paristempslibre a dit…

mille mercis!!!!

mais ca signifie quoi les dr martens?
de gros bisosu et bonnes fetes a vous!!!!

a bientot! il faut que je vous invite avec jeanne!