20 oct. 2011

L'exorcisme panthéiste.


Bruno Dumont est un cinéaste en quête. Ses films sont l'expression d'un besoin: combler le vide abyssal de nos existences contemporaines. Déjà dans Hadewijch, la jeune Céline remplissait son immense appartement parisien de fille de diplomate, d'un mysticisme confinant au malsain. Sa foi extatique débordait tellement de l'enfermement conventuel, qu'elle finissait par trouver son unique déversoir dans l'action terroriste. Avec Hors Satan, Dumont franchit encore une limite: il abat les cloisons et laisse exploser la spiritualité de ses personnages en pleine nature, par dessus les dunes du Nord, dans une mystique panthéiste de la marginalité.
David Dewaele occupe l'écran de sa présence de chaman, prêt à toutes les transgressions pour aspirer le mal qui nous envahit. "L'enfer, c'est les autres." Être Hors Satan, c'est se condamner à une radicalité d'ermite. C'est sortir du monde pour mieux rentrer en soi. Alors seulement notre pouvoir d'exorciste panthéiste paraît sans limite.




Certes, oui, on s'y ennuie. Mais notre passivité dans le silence laisse peu à peu place à une renaissance, qui se matérialise dans la scène finale de la résurrection, nous replongeant tout droit dans le Simetierre de Stephen King. Il n'y a pas si longtemps, Bruno Dumont aurait brûlé sur le bûcher. Aujourd'hui c'est son cinéma qui nous enflamme, et c'est bon.



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